Mi-décembre 2019, dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, une épidémie de coronavirus s’est déclarée. Elle est causée par un nouveau type de coronavirus d’abord nommé 2019-nCoV, puis renommé SARS-CoV-2, encore jamais observé avant son apparition dans cette métropole de 11 millions d’habitants. Les autorités sanitaires chinoises ont officiellement annoncé sa découverte le 7 janvier 2020. Le 30 janvier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale. Le 11 février, l’OMS a donné un nom à la maladie causée par ce nouveau coronavirus : Covid-19. Le 11 mars, l’OMS a requalifié l’épidémie en pandémie. 

Alors que les pays européens prennent des mesures de plus en plus contraignantes pour lutter contre l’épidémie, l’Afrique est encore peu touchée, mais elle n’est pas épargnée. Où en est le Sénégal ?

Au 27 mars 2020, le Sénégal comptait officiellement 119 cas d’infection au Covid-19 dont onze ont été déclarés guéris et 108 sous traitement à Dakar, Touba et Ziguinchor selon un communiqué officiel du ministère de la Santé. Il y avait 26 cas le 15 mars.

LES MESURES PRISES

Pour freiner la propagation  de la pandémie, l’Etat du Sénégal a pris plusieurs mesures à savoir :

  • État d’urgence et couvre feu de 20 h à 6 h annoncés par le président de la République le 23 mars à 20 heures.

  • Suspension de tout le trafic aérien depuis et vers le Sénégal depuis le 20 mars à 23h59. Les frontières terrestres sont également fermées.

  • Fermeture des mosquées dans la région de Dakar depuis le 20 mars.

  • Suspension de la rotation des navires à passagers depuis le 15 mars. La chaloupe Dakar-Gorée reste en activité exclusivement pour les habitants résidents de Gorée.

  • Contrôle des transports en commun pour limiter le nombre de passagers aux places assises.

  • Toutes les manifestations publiques sur l’ensemble du territoire national sont interdites pendant trente jours depuis le 14 mars

  • Les cours sont suspendus dans les écoles et les universités pour trois semaines à partir de lundi 16 mars

  • Les formalités liées aux pèlerinages vers les lieux saints de l’islam et du christianisme sont suspendues depuis le 14 mars.

  • Les visites dans les parcs et réserves interdites jusqu’à nouvel ordre.

  • un hôpital militaire de campagne a été installé le 22 mars à Touba.

L’impact du Coronavirus sur l’économie sénégalaise  

l’impact du coronavirus dans l’économie sénégalaise

Le ralentissement de la croissance mondiale dû à l’épidémie du coronavirus pourrait engendrer un manque à gagner important pour certains secteurs d’activités, a fait savoir le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott. Pour ce dernier, le tourisme, le transport aérien, les échanges extérieurs ainsi que le commerce intérieur sont des potentiels secteurs à risque de contamination du Covid 19. Raison pour laquelle ils sont immédiatement impactés par la maladie au regard des restrictions sur la mobilité des personnes qui affectent la demande mondiale. 

Cependant, « pour consolider l’excellent travail abattu par Abdoulaye Diouf Sarr et ses équipes dans le cadre de la gestion de cette épidémie, il faudra rapidement mobiliser des ressources additionnelles surtout pour des investissements nouveaux et structurels. En plus des mesures existantes, d’autres pourraient s’imposer pour les secteurs, les entreprises et les ménages les plus touchés », explique le ministre en charge de l’Économie, du Plan et de la Coopération.  

Ce dernier estime toutefois  qu’au « niveau budgétaire, une restriction prolongée sur la mobilité des personnes pourrait entraîner un repli des importations en provenance des pays touchés par la maladie avec un impact négatif sur les recettes douanières se traduisant par limitation des capacités d’intervention de l’État ».

« Nous sommes tous conscients du fait que la propagation du coronavirus pose un réel danger et que la situation pourrait très bien s’aggraver. Pour le gouvernement du Sénégal il est donc primordial de mobiliser les ressources nécessaires afin de pouvoir faire des interventions ciblées pour éviter la propagation de cette épidémie et atténuer son impact sur notre économie », souligne Amadou Hott.

Le coronavirus aura par ailleurs un impact sur l’économie mondiale et en particulier sur celle africaine. Déjà note-t-on un ralentissement du commerce mondial à cause du Covid 19. Ce qui se répercute sur toutes les économies du monde en particulier celles qui dépendent de l’importation de ressources naturelles, des hydrocarbures.

«Ce sont des économies qui seront beaucoup plus touchées et cela est couplé avec la baisse des prix des matières premières, surtout celle du pétrole dû non seulement à la guerre des prix entre certains producteurs, mais également à cause de la baisse de la demande mondiale», dira Amadou Hott.

Repenser la dépendance à Pékin ?

Déjà les responsables des finances du continent calculent l’impact que la crise aura sur la croissance. Ils estiment qu’il faudra trouver plus de 10 milliards de dollars pour faire face aux dépenses de santé non anticipées. Les budgets des pays africains, sans exception, s’en trouveront forcément déséquilibrés et devront être repensés. Comme partout, la dette va s’envoler, les déficits se creuser, des entreprises s’effondrer. Le bilan financier de cette crise ne peut pas éclipser son bilan humain, mais il sera extrêmement problématique pour beaucoup d’économies africaines.

L’impact du coronavirus sur l’agriculture 

A l’heure où le virus se propage et où les cas augmentent, et alors que de nouvelles mesures sont prises pour endiguer sa diffusion, le système alimentaire mondial va subir un bouleversement et une mise à l’épreuve dans les prochaines semaines et les prochains mois », a annoncé l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

«Nous risquons une crise alimentaire imminente si des mesures ne sont pas prises rapidement pour protéger les plus vulnérables, préserver les chaînes d’approvisionnement alimentaire mondiales et atténuer les effets de la pandémie sur l’ensemble du système alimentaire», a prévenu l’agence onusienne.

Selon l’organisation internationale, « la fermeture des frontières, les mesures de quarantaine et les perturbations des marchés, des chaînes d’approvisionnement et des échanges commerciaux pourraient restreindre l’accès des populations à des ressources alimentaires suffisantes, diverses et nutritives, en particulier dans les pays durement touchés par le virus ou déjà touchés par des niveaux élevés d’insécurité alimentaire ».

A en croire la FAO, la communauté internationale doit s’attendre à des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement alimentaire à partir des mois d’avril et de mai.

Ainsi qu’elle l’explique sur son site Internet, « les restrictions de mouvements, ainsi que les réactions de défiance des travailleurs, peuvent empêcher les agriculteurs de faire leur travail et les transformateurs de denrées alimentaires – qui manipulent la grande majorité des produits agricoles – de les transformer ».

Autre situation à craindre : la pénurie d’engrais, de médicaments vétérinaires et d’autres intrants qui pourrait affecter la production agricole, selon elle.

Ce n’est pas tout, puisqu’il faut également s’attendre à ce que « les fermetures de restaurants et les achats moins fréquents dans les épiceries diminuent la demande de produits frais et de produits de la pêche, ce qui affecte les producteurs et les fournisseurs», avertit de même source l’agence affirmant que les petits exploitants agricoles seront particulièrement vulnérables.

En outre, les mesures limitant la circulation notamment «des travailleurs saisonniers pourraient avoir des effets sur la production agricole et, par conséquent, impacter les prix sur les marchés à l’échelle mondiale».

Par ailleurs, «les mesures destinées à garantir des conditions sanitaires acceptables dans les usines des produits alimentaires pourraient, quant à elles, entraîner un ralentissement de la production».

Pour ceux qui n’auraient pas encore pris la mesure de la menace, la FAO rappelle que «la demande alimentaire dans les pays les plus pauvres est particulièrement liée aux revenus, de sorte qu’une perte des sources possibles de revenus pourrait avoir des effets sur la consommation».

Mais en dépit de toutes ces menaces qui pèsent à la fois sur les vies et les moyens de subsistance des populations, à l’échelle mondiale, la FAO se veut toutefois rassurante. En effet, elle soutient que, «pour l’instant, les perturbations sont minimes car les approvisionnements en produits alimentaires ont été adéquats et les marchés sont restés stables ».

L’agence estime, en outre, que « le niveau des stocks mondiaux de céréales est encore bon et les prévisions sur les récoltes du blé et les principales cultures sont positives pour 2020 ».

Par ailleurs, en dépit du fléchissement de la production alimentaire pour les denrées de grande valeur (par exemple les fruits et les légumes) qui aurait probablement déjà eu lieu, la FAO affirme qu’« il n’est pas encore perceptible car il est attribué aux mesures d’endiguement et aux perturbations de la filière ».

L’organisation appelle toutefois à la prudence. Et pour cause, si le moment n’est pour l’instant pas à la panique du fait qu’« au niveau mondial, il y a assez de nourriture pour tout le monde », elle exhorte les décideurs politiques du monde entier à « veiller à ne pas répéter les erreurs commises lors de la crise alimentaire de 2007-2008 et à ne pas transformer cette crise sanitaire en une crise alimentaire tout à fait évitable».

Car, comme elle le souligne, «nous savons que la maladie finira par se résorber mais nous ne savons pas combien de temps cela prendra».

Au Sénégal, la plupart des agriculteurs sont domiciliés dans les autres régions comme tambacounda, Richard Toll, Kaolack… 

Dans ses régions, le coronavirus est inexistant.

Le Sénégal pour le moment n’a pas de souci à faire sur l’agriculture.

L’impact du coronavirus sur l’éducation 

La plupart des gouvernements du monde ont temporairement fermé des établissements d’enseignement afin de contenir la propagation de la pandémie de COVID-19.

Ces fermetures nationales affectent plus de 80 % de la population étudiante mondiale. Plusieurs autres pays ont mis en place des fermetures localisées affectant des millions d’apprenants supplémentaires.

L’UNESCO soutient les pays dans leurs efforts pour atténuer l’impact immédiat des fermetures d’écoles, en particulier pour les communautés plus vulnérables et défavorisées, et pour faciliter la continuité de l’éducation pour tous grâce à l’apprentissage à distance.

Le Sénégal a pris 5 mesures pour endiguer la propagation du virus Covid 19.

Le président de la République qui a réuni le Comité national de gestion des épidémies a pris 5 mesures pour endiguer la propagation du Coronavirus.

Il s’agit de l’annulation pour une durée de 30 jours de toute manifestation publique;

La fermeture du port pour les bateaux de croisière;

De la fermeture des écoles, universités et crèches pour 3 semaines à partir du lundi 16 mars 2020;

Le renforcement des moyens de lutte contre le virus pour le personnel de santé;

L’arrêt des formalités pour les pèlerinages religieux.

Le Président Macky Sall a invité les chefs religieux à être les relais des autorités pour l’application strictes des mesures sanitaires visant à endiguer et à lutter contre le Coronavirus.

Macky Sall a, par la même occasion, appelé à la responsabilité de tout un chacun. « Les sénégalais résidant à l’extérieur devront se conformer aux mesures prises par les gouvernements des pays d’accueil » a-t-il dit tout en leur témoignant sa solidarité. Il les a aussi demandé de ne pas passer par la route s’ils veulent rentrer au Sénégal. A cet effet, Macky Sall a expliqué que les contrôles sanitaires seront renforcés aux frontières surtout terrestres.

Macky Sall a félicité l’église sénégalaise qui a suspendu ses activités jusqu’à nouvel ordre. Les festivités du 4 avril seront annulées sur tout le territoire. Seule, une prise d’armes au palais sera organisé.

Le coronavirus a gravement impacté sur l’éducation.

Suite au discours du Président de la République Macky Sall, toutes les écoles et universités ont dû être fermés pour endiguer la propagation du virus à Corana.

De même que dans les autres pays, les mêmes mesures draconiennes ont été adoptées.

L’impact du Coronavirus sur l’énergie 

La pandémie de coronavirus a touché presque la globalité des acteurs économiques, dont celui de l’énergie. Voici quelques conséquences, directes ou indirectes, sur l’énergie fossile d’une part, et sur la production et la consommation de l’électricité d’autre part.

À l’origine du Covid-19, la Chine fut un des plus grands foyers de l’épidémie. Les mesures prises pour contrer le virus ont fortement impacté l’industrie chinoise, gourmande en matières premières. La Chine est le plus grand importateur de pétrole brut et de gaz naturel (15,5 % et 9,8 % respectivement des importations mondiales en 2018 – source International Energy Agency). Dans ce contexte de baisse de la demande, si la production de pétrole ne s’alignait pas à la baisse de la demande chinoise et aux incertitudes des marchés, le prix du baril évoluerait forcément négativement. Les grands exportateurs de pétrole se sont alors réunis pour trouver un compromis sur la production.

Les négociations ont pris place à Vienne avec l’OPEP d’un côté et la Russie de l’autre. Le but était de se trouver un accord sur une réduction de production en réponse à la baisse de la demande, pour conserver le prix du baril au niveau souhaité. Ces négociations ont échoué, avec les conséquences que l’on connaît. Une affaire à suivre de près, vu la place éminente qu’occupe toujours l’or noir dans l’économie mondiale.

Pour le gaz, la baisse de la demande chinoise puis les mesures de confinement imposées par plusieurs pays font aujourd’hui baisser drastiquement la consommation mondiale. Les prix avoisinent des montants historiquement bas. Par ailleurs, avec une baisse de la consommation d’électricité, les centrales à gaz pour production d’électricité sont moins sollicitées en respect du « merit order ».

Les conséquences de l’épidémie sur les entreprises du secteur Oil & Gas sont lourdes et immédiates. Pour les contrer, elles doivent réagir rapidement. Ce 20 mars, Total a ainsi annoncé la réduction de 20 % de ses investissements en 2020 (soit 3 milliards €).

Pour les particuliers, la baisse des prix du gaz et du pétrole brut devrait être ressentie par les consommateurs finaux, que ce soit sur les prix à la pompe aux stations d’essence ou bien sur les tarifs réglementés de vente du gaz calculés par l’état. Cependant, il existe un delta temporel entre la baisse des prix du brut et l’impact réel sur le pouvoir d’achat du consommateur final.

Impacts sur la production et la consommation de l’électricité

Depuis quelques années, la consommation est relativement stable et se répartit ainsi : les grandes industries représentaient environ 17 % de la consommation en 2019, le secteur des entreprises et des professionnels 47 %. Or, depuis la semaine dernière, un certain nombre de ces usines sont à l’arrêt ou fonctionnent au ralenti. Ainsi, la consommation électrique dépend davantage des besoins du secteur résidentiel, qui représentait l’année dernière 36 % du volume total.

Mais depuis le lundi 16 mars, les habitudes relativement prévisibles des ménages sont bousculées. Depuis la mise en place des mesures de confinement, la consommation augmente plus lentement le matin, et n’atteint un pic de consommation qu’aux alentours de 13 h, au moment du déjeuner.

L’électricité ne pouvant être stockée (du moins en grande quantité), le « merit order » implique la fermeture des centrales dont le coût de fonctionnement marginal est le plus élevé. S’ajoute à cela le fait que les énergies renouvelables sont prioritaires sur le réseau et donc que, lorsque le vent souffle et que le soleil brille à midi, leur part dans le mix énergétique augmente et tire les prix vers le bas. 

Cette situation aura des conséquences économiques importantes pour les fournisseurs d’électricité et de gaz qui verront leurs revenus diminuer.

Ainsi, au Sénégal on pense à suspendre les factures d’électricité pour alléger les ménages suite au confinement du COVID-19.

L’impact du coronavirus sur le transport

Dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie du coronavirus, le ministre sénégalais des Transports terrestres, Oumar Youm, a annoncé en conférence de presse sur la RTS (télévision publique) une série de mesures concernant le secteur qu’il dirige. Ce, suite à l’annonce par le Président Macky Sall, de l’État d’urgence, assorti d’un couvre-feu, lundi soir.

« Je voudrais vous entretenir des mesures de régulation des infrastructures et des services de transports publics et privés. Pour le transport de voyageurs, l’embarquement des passagers dans les bus, minibus et auto-cars, se fera dans le respect des places assises qui seront distribuées pour tenir compte des distances d’au moins un (1) mètre entre les passagers », a d’emblée expliqué M. Youm.

Il a ajouté que le nombre de passagers a bord de ces catégories de véhicules à usage public ou privé, sera limité à la moitié des nombres de places prévues par la carte grise du véhicule. « Tous les passagers d’un véhicule de transports seront munis d’équipements appropriés, tels que des gants marques, produits hydro-alcoolique, mouchoirs ect… », a-t-il insisté.

Oumar Youm a exhorté les passagers ainsi que les conducteurs de porter systématiquement des masques et gants durant tout le trajet, révélant que les gares routières seront fermées.

S’agissant des taxis urgents et véhicules particuliers, il a précisé que le nombre de passagers est désormais limité à trois (3) places au lieu de cinq (5), y compris la place du conducteur. Pour les cars de transports également, ce sera 12 places (au lieu de 25) et 17 (au lieu de 35). Pour les véhicules 2 roues, le nombre de passager est limité à une place.

De ce fait, les opérateurs de transports procéderont obligatoirement au nettoyage désinfectant de chaque véhicule de transport public, au moins une fois par jour et mettront à disposition de leur personnel les équipements dédiés.

Le ministère du Tourisme et des Transports aériens a annoncé le jeudi 19 mars 2020 la fermeture totale de l’espace aérien sénégalais à compter du vendredi 20 mars 2020 à 23h59 jusqu’au 17 avril 2020.

« Après la fermeture partielle du ciel sénégalais, ce mercredi 18 mars 2020 à 23h59, le Ministre du Tourisme Alioune Sarr a pris la mesure additionnelle suivante :la suspension de l’exploitation de tous les vols en provenance et à destination des aéroports du Sénégal à l’exception des vols domestiques entre AIBD et Ziguinchor, des vols cargo, des évacuations sanitaires et des vols spéciaux autorisés », indique un communiqué officielle.

Cette décision s’appuie sur les recommandations des professionnels de la santé et de l’OMS en vue de rompre la chaîne de transmission du COVID-19.

La mesure est susceptible de prorogation suivant l’évolution de la situation, selon le ministère.

Cette mesure survient après les propos du Directeur général de l’Organisation Mondiale de Santé qui a mis en garde les pays africains en déclarant :

« l’Afrique devrait se réveiller, notre continent devrait se réveiller. Le meilleur conseil pour l’Afrique est de se préparer au pire, et de se préparer dès aujourd’hui ».

Les Sénégalais commencent à mesurer la gravité de la crise. Dans la rue, il y a moins de passants que d’habitude, ils sont de plus en plus nombreux à respecter les distances sanitaires d’un ou deux mètres, ils commencent à faire la queue dehors avant d’entrer dans un magasin, certains portent des masques. Les quarante télévisions sénégalaises ne parlent plus que du Covid-19. Les associations de jeunes de quartier, les associations sociales et culturelles, vont frapper aux portes pour faire de la prévention, notamment pour les plus âgés. Une petite psychose est en train de s’installer. L’Afrique se rend compte qu’elle est dans le même bateau que l’Europe et l’Asie.

Le problème des infrastructures médicales est considérable. Pour l’instant, les malades sont rapatriés à Dakar, où il y a des hôpitaux qui bénéficient de lits de réanimation. Mais comment cela se passera-t-il si le nombre de malades explose ? On les laissera mourir dans les villes où il n’y a pas d’équipement, dans les petits villages, en brousse ? »